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De l’Europe au Pacifique Sud : BACKSLASH, membre d’I-STEP, porte la coopération à 16 000 km de Bruxelles

Map showing a route from Brussels to Nouméa, New Caledonia, more than 16,000 km: ImmuniFact, Erasmus+ from Europe to the South Pacific

À quoi ressemble la coopération européenne à l'autre bout du monde ? BACKSLASH membre d’I-STEP le découvre grâce à ImmuniFact, un projet Erasmus+ pour les jeunes, coordonné depuis la Nouvelle-Calédonie, qui met en relation des partenaires du Pacifique Sud, d'Espagne et de Croatie.

Quand on pense à Erasmus+, on imagine souvent des jeunes voyageant entre les villes européennes. Paris. Valence. Zagreb. Bruxelles.

Nouméa est un peu différente.

La Nouvelle-Calédonie se situe dans le Pacifique Sud, à l'est de l'Australie et à plus de 16 000 kilomètres de Bruxelles. C'est l'un des territoires les plus isolés reliés au projet européen, et un partenariat Erasmus+ pour les jeunes, auquel participe BACKSLASH, y est coordonné.

ImmuniFact – Building Immunity through Critical Thinking and Fact-Checking rassemble des organisations de Nouvelle-Calédonie, d'Espagne et de Croatie autour d'un problème qui présente des similitudes frappantes, même lorsque les communautés sont séparées par la moitié de la planète : comment les jeunes font face à la désinformation, à la manipulation et aux contenus polarisants en ligne.

Pour BACKSLASH, cela fait ImmuniFact bien plus qu'un simple projet Erasmus+. Cela démontre concrètement jusqu'où peut mener la coopération européenne.

L'Europe, vue de l'autre côté du monde

La Nouvelle-Calédonie occupe une place singulière dans le paysage européen. Géographiquement, elle se situe dans le Pacifique Sud. Institutionnellement, elle fait partie des pays et territoires d'outre-mer (PTO) associés à l'Union européenne par l'intermédiaire de la France.

Les programmes européens tels Erasmus+ peuvent établir un lien direct entre les organisations locales et leurs partenaires situés à des milliers de kilomètres. ImmuniFact illustre concrètement ce principe et inverse un modèle encore fréquent dans la coopération internationale : ce projet est coordonné par CDJ Territorial en Nouvelle-Calédonie, en partenariat avec BACKSLASH (Espagne) et Udruga Zaželi (Croatie).

La Nouvelle-Calédonie n'est pas un territoire isolé qui subit une activité conçue quelque part en Europe continentale. Elle est à la tête du projet. Cette distinction est importante.

Trois pays, trois contextes, un défi numérique

Un jeune à Nouméa, Valence ou en Croatie vit dans un contexte géographique et culturel très différent. Pourtant, leurs environnements numériques sont de plus en plus partagés. Les plateformes franchissent instantanément les frontières, tout comme les récits trompeurs, les contenus manipulateurs et les théories du complot.

ImmuniFact part de ce constat. L’association développe des solutions concrètes pour renforcer la capacité des jeunes, et des professionnels qui les accompagnent, à comprendre les mécanismes de la manipulation et à y réagir de manière critique. Sa méthodologie combine deux approches :

  • Le prebunking aide à reconnaître les techniques de manipulation courantes avant d’y être confronté.
  • Le debunking développe la capacité d’enquêter, de vérifier et de contester les informations fausses ou trompeuses qui circulent déjà.

Le projet vise également à créer un Media Literacy Compass, un outil d'auto-évaluation destiné aux jeunes et aux professionnels de la jeunesse afin de leur permettre de comprendre et de développer leurs compétences en la matière. L'objectif n'est pas de dire aux jeunes ce qui est vrai ou faux, mais de renforcer leur capacité à se poser de meilleures questions.

Recherche sur 16 000 kilomètres

La dimension internationale porte déjà ses fruits. Les partenaires ont mené une étude comparative sur l'éducation aux médias, l'esprit critique et le vécu de la désinformation chez les jeunes en Nouvelle-Calédonie, en Espagne et en Croatie. Un rapport transnational rassemble désormais ces données. Les résultats obtenus orientent la méthodologie et les outils pédagogiques.

Cette diversité est précieuse. Lorsque les mêmes formes de manipulation apparaissent dans des sociétés très différentes, nous découvrons les difficultés que rencontrent les jeunes. Lorsque les expériences diffèrent, nous comprenons l'importance du contexte local. L'objectif n'est pas d'exporter un modèle européen de Bruxelles vers le Pacifique, mais de co-créer des approches qui tirent des enseignements de ces trois contextes.

Plus de 270 personnes directement impliquées

ImmuniFact vise à toucher plus de 120 professionnels de la jeunesse et 150 jeunes dans les trois territoires. Les professionnels seront formés pour transmettre leurs connaissances à leurs collègues et aux communautés, créant ainsi un effet multiplicateur qui se prolongera au-delà des activités du projet. La méthodologie, la recherche et les outils sont conçus pour une utilisation continue après la fin du financement.

Cela est particulièrement important pour les organisations éloignées des centres traditionnels des programmes européens. Un projet transnational doit laisser derrière lui plus qu'une mobilité réussie ou une réunion finale. Il doit développer des compétences.

L'inclusion géographique ne se résume pas à l'éligibilité.

ImmuniFact soulève également une question plus générale. Les programmes européens ont réalisé de réels progrès en offrant des opportunités aux organisations et aux citoyens des territoires éloignés et d'outre-mer. Cependant, être éligible à un programme ne garantit pas un accès égal à celui-ci.

Gérer un projet Erasmus+ à des milliers de kilomètres et à travers plusieurs fuseaux horaires de l'Europe continentale engendre des difficultés pratiques considérables. Les réunions ont lieu à des heures atypiques. Les déplacements sont plus longs et plus complexes. Il est plus difficile d'accéder aux informations informelles sur le programme et aux structures de soutien locales. Par ailleurs, l'administration, le préfinancement, le reporting et la gestion de projet ne sont pas simplifiés par l'éloignement de l'organisation.

C’est pourquoi l’inclusion géographique ne saurait se limiter à une simple carte d’éligibilité. Si les programmes européens visent une participation véritablement diversifiée, les organisations du monde entier doivent disposer des capacités et du soutien nécessaires pour gérer l’intégralité du cycle de projet. Il s’agit là d’un des enseignements les plus précieux tirés de notre collaboration avec les territoires d’outre-mer européens, et nous souhaitons l’appliquer dans notre accompagnement de nos partenaires.

De Valence à Nouméa

ImmuniFact s'inscrit dans une démarche délibérée de BACKSLASH visant à collaborer avec des territoires encore sous-représentés dans les projets européens. En 2025, nous avons initié de nouveaux partenariats au Groenland, à Saint-Martin et en Nouvelle-Calédonie, ouvrant ainsi la voie à une collaboration avec les territoires d'outre-mer, et ImmuniFact en est l'un des résultats les plus concrets.

Un petit partenariat Erasmus+ met désormais en relation des jeunes et des professionnels de la jeunesse en Méditerranée, en Europe centrale et dans le Pacifique Sud. Non pas comme un engagement théorique en faveur de l'inclusion, mais comme un projet concret.

Jusqu'où Erasmus+ peut-il aller ?

La coopération européenne ne doit pas s'arrêter aux frontières de l'Europe continentale, pas plus que les idées européennes sur la participation, l'éducation et l'animation jeunesse. Le savoir ne doit pas non plus circuler à sens unique. Une organisation de jeunesse du Pacifique peut coordonner des partenaires européens. Les recherches menées en Nouvelle-Calédonie peuvent enrichir les méthodes utilisées en Espagne. Les pratiques développées en Croatie peuvent être adaptées à l'autre bout du monde.

À plus de 16 000 kilomètres de Bruxelles, la coopération européenne se poursuit. Avec ImmuniFact, BACKSLASH y participe.

ImmuniFact en bref

  • Programme : Erasmus+ KA210-YOU, partenariat à petite échelle dans le domaine de la jeunesse
  • Coordination : CDJ Territorial (Nouvelle-Calédonie)
  • Partenaires : BACKSLASH (Espagne), Udruga Zaželi (Croatie)
  • Période : 2026–2027
  • Référence de la subvention : 2025-2-FR02-KA210-YOU-000382664
  • Portée attendue : plus de 120 professionnels de la jeunesse et plus de 150 jeunes

Une connexion I-STEP

Ce projet est coordonné par CDJ Territorial, basé à Nouméa et membre du I-STEP Network. Avec BACKSLASH, il illustre parfaitement la raison d'être du réseau : connecter des organisations issues de contextes très différents afin de favoriser les échanges de connaissances, de méthodes et de partenariats.

Cet article a été initialement publié par BACKSLASH sur son propre site web : lisez l’original sur backslash.es.

Contenu traduit automatiquement.